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Soleil

Au fond de ce tramway

Publié par Gabriel Epixem

Comme une empreinte indélébile, comme le négatif de mon âme, je me souviens encore de cette rencontre au fond de ce tramway. Au fond de tes yeux, au milieu de cette foule, nous nous sommes rapprochés. Cela faisait déjà quelques temps que l’on s’était croisés mais c’est ici, oui c’est ici que l’on s’est réellement rencontrés.
Oui, rappelle-toi de tous ces instants, de tous ces moments parfois même hors du temps. Nous avons souvent voyagé. Nous nous sommes découverts. J’étais confiant, trop certainement.
Oui rappelle toi aussi, nous planifions presque déjà notre futur. Comme si nous étions sûrs.

Puis un jour, tu t’es éloignée. Nous nous sommes perdus brusquement. Mais, malgré tout et surtout, je n’ai jamais regretté de t’avoir connu.
Oui, même si je pouvais oublier tous ces souvenirs. Même si je pouvais me détourner de ton regard. Je ne le regrette toujours pas.
Expliquer pourquoi, ce n’est pas si évident. Je sais juste que ces instants éternels que l’on vit parfois, on ne les regrette jamais. On est, de toute façon, plus jamais le même.
Ne vivons-nous pas pour ces moments-là ? Pour revivre ces instants délicieux. Quand le temps semble comme s’arrêter. Comme si nous avions trouvé quelque chose des cieux. Alors, on les recherche ensuite. Oui, on veut surtout les revivre. Il y en aura d’autres. Ils seront sûrement différents. Mais ils existent, nous le savons maintenant.
Tout semble un peu fade ensuite ?
On pourrait le penser mais non. Même si l’on peut parfois donner cette impression, ce n’est juste qu’une façade car maintenant je sais que tout était bien plus fade avant… C’est ainsi que même si nous nous brûlons parfois, on ne le regrette plus.

Dans le fond, la vie ce n’est pas plus compliqué. Vivre et ne jamais regretter. Vivre et ne jamais se retourner. Vivre et ne jamais oublier. Il faut garder ces souvenirs près de nous. Ils façonnent notre être. Ils font ce que nous sommes. Ils sont ce que nous sommes. Ils nous définissent. Ils sont notre deuxième école. Il sont notre réconfort, notre force et notre plus grand secret. C’est grâce à eux que nous sommes tous différents. C’est grâce à eux que nous sommes tous si proches finalement. C’est grâce à eux que la vie est si précieuse. C’est grâce grâce à eux que l’on a envie de poursuivre. Et c’est grâce à ces moments que l’Homme devient ce qu’il est. Grâce à ces instant qu’il devient adulte avant l’heure. Grâce à ces circonstances qu’il devient plus sage et majeur. C’est grâce à toi que j’écris sur ce tableau. Et vivre, c’est surtout vouloir en écrire de nouveaux.

Malgré les embûches, malgré les peines, malgré les tourments, ces instants remarquables qui nous rendent dépendants sont comme au-delà du temps. Ils sont au-delà des futilités, au-delà de notre ego. Et au-delà des saveurs insipides qui nous inondent parfois. Oui, ils sont au-delà de tout le reste.
Ces instants nous renforcent. Ils nous fragilisent parfois, mais ils nous rapprochent de l’essentiel. Ils sont si rares et si puissants que c’est ce monde que nous aimons finalement. Il devient alors évident que nous ne sommes tous pas si différents.

Au fond de ce tramway, au milieu de cette foule, nous nous sommes rapprochés.
Je ne t’ai pas oublié. Tu m’as fait vibrer. Tu m’as fait endurer. Et tu es devenue une idée. Tu es devenue ma maturité.
Inévitablement, maintenant, merci de m’avoir croisé. Tu m’as ouvert les yeux sur l’essentiel. J’ai brièvement levé les yeux au ciel.
Tu m’as donné envie d’écrire. Tu m’as donné envie de lire. Tu as failli me faire fuir mais j’ai finalement gardé mon sourire. Car je sais maintenant, que vivre ce n’est pas s’enfuir. Vivre c’est continuer à découvrir.

Auteur: Gabriel Epixem - Fin du texte

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