Article

Archange

Une page blanche

Publié par Gabriel Epixem

Une page blanche qui se révèle au début de chaque recueil, de chaque vie et de chaque rencontre. Au-delà des chapitres, au-delà de nos passions, elle s’offre à nous dés l’aube et nous annonce nos prochains écarts. Elle nous immobilise, parfois, un bref instant. Elle électrise nos arts. Elle nous inspire souvent l’oubli mais elle déchaîne notre soif d’écrire.
Et notre plume finira par la vaincre. Oui, nous nous lui imposerons…

Au-delà des mots, au-delà de nos remparts, immobile, inerte, elle nous plonge souvent dans son silence. Éphémère mais pourtant si présente, elle défie notre impatience. Elle nous éblouit et nous remplit parfois d’effroi. Mais elle devient un passage obligé vers un nouveau départ, un passage imposé vers une nouvelle fable.
Et notre plume devra la vaincre une nouvelle fois… Nous nous y efforcerons…

Cette page vide qui nous nargue. Qui nous provoque. Qui arbore fièrement sa pureté. Qui nous attend. Qui nous appelle. Et qui nous rend surtout modeste. Qu’elle devienne notre muse pour enfin s’habiller par notre trait. Pour y calquer nos paysages. Pour y graver un nouvel ouvrage. Pour y composer une nouvelle sonate. Oui, qu’elle devienne enfin le support de notre art.
Et qu’elle nous accompagne jusqu’au dénouement final.

Elle inaugure, aujourd’hui, l’ouverture de ce lieu paisible, du lieu d’un futur recueil. De cette envie d’écrire, de cet assemblage d’idées naissantes qui le feront vivre. Qui le feront grandir. Elle donne naissance à l’esquisse de nouvelles aspirations. Comme une ébauche qui se dessine à nous, comme une nouvelle naissance, comme un nouveau présage. Elle m’a invité. Elle m’a accepté. Et elle a fini par céder pour mon plus grand plaisir.
Oui ! Voguons vers cette nouvelle odyssée. Libérons, enfin, les voiles de ce vieux gréement. La brise s’est enfin levée. Qu’elle guide maintenant mon gouvernail. Qu’elle soit mon alizé.

Cette plume qui s’efforce maintenant à lui léguer toute sa ferveur. Cette inspiration qui prend ainsi forme. Cette page qui s’habille enfin. Cette élégance qui nous enchante parfois. Qui nous déplaît ou nous déçoit. Mais qui restera honnête. Oui, je lui imposerai cette voie. Elle restera humble. Oui, je l’espère avec joie. Et surtout elle me correspondra. Elle me passionnera. Elle sera ma voix et mon âme. Elle m’inspirera. Elle sera mon rituel, ma muraille et mon réconfort.
Et surtout elle a fini par vaincre cette feuille dénudée et dénuée de toute métaphore.

Auteur: Gabriel Epixem - Fin du texte

2 commentaires sur “Une page blanche”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés et vous restez entièrement responsable du contenu de vos commentaires. Les champs obligatoires sont indiqués avec *