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L'ego

L’Ego

Publié par Gabriel Epixem

L’Ego, du latin egō. Le Moi.
Encore une fois, la vie est complexe. On a tous nos failles. Et l’orgueil nous rattrape sans cesse au galop. Le « Je » nous éloigne forcément à un moment ou à un autre de nos idéaux.
On se pense parfois plus sage. On se croit quelquefois meilleur même. Cependant, il n’en est rien. C’est souvent le contraire.
Oui, c’est en réalité l’inverse. Le fait même de l’écrire. Le fait d’en parler témoigne juste de nos difficultés.
Quoi que l’on fasse, force est de constater que nous espérons toujours un minimum de reconnaissance. Parfois même inconsciemment. Nous ne nous en rendons pas toujours compte. Mais nous le constatons malgré tout souvent, que ce soit dans notre travail ou dans notre vie sociale et même dans nos loisirs.

Alors. Il faudrait peut-être simplement se taire. Un jour peut-être même ne plus écrire. Se fondre maintenant dans la masse. Rester finalement en retrait. S’améliorer mais seulement en silence. Fuir enfin tout besoin de reconnaissance. Apprendre encore et toujours. Savoir s’effacer même quand cela nous semble injuste. Oui, surtout quand cela nous semble si difficile. Oui, à jamais transformer ce Je en ce Nous.

Dans l’absolu et donc en quête d’absolu, il semble donc que le vrai Sage soit celui que l’on ne voit pas. Il serait celui que l’on ne lit pas.
Pour d’autres, il serait devenu celui que l’on ne regarde plus. Celui que l’on ne récompense plus. Il serait celui qui aide mais sans nous le dire.
Il serait l’un de ceux que l’on ne connait pas. De ceux qui restent anonymes. De ceux qui n’utilisent même pas de pseudonyme. Oui, il serait celui qui reste invisible tout en restant profondément avec nous.

Mais sans aller forcément jusque là, la terre est parsemée d’anonymes qui sont au plus près des autres. Des gens que l’on ne récompense jamais. Des gens qui passent leur vie à aider les autres. Des gens que l’on ne regarde jamais ou si peu. Il nous arrive malgré tout de les croiser. Ces gens que l’on n’oublie pas. Ces gens que l’on oubliera pourtant dans les livres d’histoire. Des gens pour qui le Nous est plus important que ce Moi.

En ce qui concerne l’écriture et même l’art en général, si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, l’artiste devrait donc peut-être devenir lui aussi totalement anonyme. Seule devrait compter l’œuvre. Toujours est-il que cela semble bien excessif. Mais il existe des œuvres d’art dont on ne connait pas l’auteur. Des monuments qui se suffisent à eux-mêmes. Des livres aussi. En attendant, entre l’écrivain et le lecteur, il se pourrait que le lecteur soit le plus souvent le plus sage des deux.
Mais en fait même l’œuvre peut-être éphémère, il s’agit malgré tout d’une approche différente mais elle reste intéressante pour cet article. Le « mandala » par exemple, des œuvres d’art extrêmement complexes, des dizaines d’heures de travail, grain de sable après grain de sable, des nuances de couleurs précises, et une fois terminée l’œuvre est définitivement détruite. Une démonstration et une leçon d’impermanence.

Le vrai Sage serait donc celui qui aurait combattu cet Ego. Celui qui l’aurait surtout vaincu, plutôt.
Mais comme toujours il s’agit probablement surtout d’un juste milieu. D’un juste équilibre entre le soi et le nous. Il s’agit avant tout d’en être conscient. De se connaitre. De le connaitre. De vouloir s’améliorer. De s’aimer. De s’accepter. D’être indulgent envers soi et donc aussi envers les autres.
Notre pire ennemi semble bien être nous-même. Cela ne fait presque aucun doute.
Enfin, n’oublions pas ce peut-être.

Auteur: Gabriel Epixem - Fin du texte

4 commentaires sur “L’Ego”

  1. Commentaire

    La société ne peut progresser que grâce aux capacités de certains de ses membres à dépasser les limites d’une époque ! Le problème des « ego » n’est-il pas surtout lié à la spirale de la séduction ? Spirale qui se nourrit elle-même jusqu’à oublier la raison d’être de la séduction ! L’intelligence est séductrice, le succès d’en le savoir faire est séducteur, l’artiste par sa création est séducteur ! Etre reconnu peut entraîner le besoin d’être re-reconnu !

    1. Commentaire

      Bonjour Michel, Très juste.
      Pour qu’il y ait un lecteur, il faut bien un auteur. Mais il n’existe que par ses lecteurs. C’est le même principe pour un artiste. La séduction est surement dans le processus. Parfois peut-être malgré nous. De temps en temps elle fait simplement partie de nous. Peut-être. Quoi qu’il en soit notre Ego s’en nourrit forcément. Enfin, probablement.

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