Article

Un autre chapitre

Un autre chapitre

Publié par Gabriel Epixem

Écrire. C’est aussi une manière de se livrer. C’est même une manière parfois de s’assumer tel que l’on est. Du moins d’essayer.
Cette sensibilité que l’on sent parfois trop présente. Oui, par moments on doute, par moments on recule aussi, on s’absente, mais on continue surtout. Grâce à ceux qui nous encouragent. Grâce aussi à notre détermination. Mais surtout, oui surtout, on ne veut rien imposer.
Cette sensibilité, on l’accepte. Et quand on s’accepte, on accepte plus facilement l’autre. On accepte la différence. On accepte notre différence. On la cultive même. Et on l’encourage aussi.
C’est peut-être un des plus beaux chapitres. C’est en tout cas celui qui suit cette fameuse page blanche. Rappelez-vous, celle dont je vous ai parlée lors d’une précédente manche.

Alors oui, effectivement, parfois, une douce brise semble se lever. Mais, pourquoi ? Et surtout, qu’en faire ensuite ?
Il faut bien y trouver un sens. Et il faut faire preuve d’exigence. Il faut y trouver un but profond. Et ce même si nous éprouvons un grand plaisir à écrire. Car c’est avant tout une cause et non le but. Oui, nous pourrions écrire seulement pour nous-même mais ce plaisir deviendrait forcément très vite fade et même sûrement insipide ensuite.

Donc, plus profond que d’être simplement lu. Et ce, même si nous envisageons que nos écrits pourraient-être utiles. Puis d’ailleurs, qui sommes-nous pour avoir cette prétention ?
Plus profond même que de simplement être aimé. Ne le sommes-nous pas assez déjà ?
Et plus profond aussi que d’être simplement reconnu. C’est si futile finalement.
Sinon il ne pourrait rester que notre ego comme raison prétendument profonde. Et dans ce cas, ne serait-ce pas une façon de s’éloigner de l’intention du départ ? Ne serait-ce pas surtout une moyen de s’égarer sur un autre chemin ? De se tromper d’alizé ? De se perdre progressivement dans une nouvelle forme de narcissisme ? Alors même que c’est aussi ce que nous combattons dans nos textes…

Alors, peut-être qu’il nous reste simplement, maintenant, à écrire notre propre livre. Afin de passionnément le vivre, de profiter de chaque instant, de profiter de chaque seconde. Afin d’exister pleinement et sereinement. Cette vie est courte, il faut enfin l’entendre. Nous avons perdu assez de temps à nous en défendre.

Peut-être qu’il nous reste simplement, maintenant, à lire d’autres livres. En particulier ceux que l’on n’a pas écrit. Afin d’y entendre un nouvel écho. Afin de pouvoir chanter une nouvelle ballade. Afin de croiser d’autres sentiers. Afin d’entrevoir un nouveau phare. Comme si chaque recueil pouvait contenir une infime partie, mais surtout une part essentielle, d’une seule et même notion.

Peut-être qu’il nous reste simplement, maintenant, à lire nos propres livres. Afin d’en étudier le sens. Afin d’en comprendre l’essence. Même si nous en sommes l’auteur, nous sommes aussi notre principal lecteur. Ou du moins nous devrions sûrement le devenir.
Oui ! Voilà ce qui serait bien plus profond.

Alors, que cette plume dessine désormais ce nouveau chapitre. Que cette brise guide de nouveau mon gouvernail. Oui, voguons plus loin encore. Oui, partons dès l’aurore. Et sans aucune métaphore, il me tarde maintenant de le découvrir, de le vivre ensuite et même de le parcourir pour pouvoir le partager surtout.

Alors oui, il me tarde déjà de continuer à me lire sans oublier de vous lire. Oui, pour enfin l’écrire…

Auteur: Gabriel Epixem - Fin du texte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés et vous restez entièrement responsable du contenu de vos commentaires. Les champs obligatoires sont indiqués avec *