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Un autre jour

Un autre jour

Publié par Gabriel Epixem

Que ce soit dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand, il semble que tout soit en mouvement. Comme si rien ne devait être immobile. Même le vide semble avoir décidé de ne pas l’être, tout comme le temps. Pourquoi le serions-nous alors ? Pourquoi le monde le serait-il ?

D’ailleurs, certains aimeraient parfois que ce monde change. C’est à dire, qu’il s’améliore. Qu’il devienne un peu plus juste. Qu’il nous ressemble même un peu plus… On peut le comprendre. On le constate surtout. Mais il ne peut changer brutalement. Il peut seulement évoluer. Un changement brutal n’est de toute façon pas souhaitable. Il évolue donc chaque jour. Cependant, il ne semble pas toujours progresser comme on le souhaiterait. Mais il est en mouvement et c’est probablement l’essentiel finalement.

Le monde c’est simplement nous, nous tous. Il nous représente tous. Il est et devient ce que nous sommes, riche de toutes nos diversités et de toutes nos sensibilités. Il est ce que nous décidons qu’il soit. Il est ce que la vie, dans son ensemble, en fait.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Il n’y a pas de magie véritable. Tout ou presque est simplement d’une logique implacable. Il reste malgré tout, comme toujours, une part de mystère. Vous le savez, ces petites exceptions qui rendent un peu tout plus complexe parfois. Ou ces petites imperfections qui rendent un peu tout moins lisible. Oui, ce qui laisse une place au doute. Le doute nécessaire à toute réflexion.
On ne peut, véritablement, faire évoluer ce monde que tous ensemble. Il semble que cela soit évident mais nous n’arrivons pas toujours à le comprendre ou du moins à nous en souvenir. Mais il faut l’entendre. Cependant, il n’est question ici que d’une évolution qui serait nécessairement progressive. Il ne peut changer brusquement. On ne peut changer brusquement.

Le monde ne changera donc pas totalement demain. Il évoluera peut-être dans le bon sens après-demain. Certains l’espèrent. Certains ne s’en soucient pas. Certains restent optimistes. Certains désespèrent même, un peu. C’est ainsi. C’est leur droit.

Alors, parfois, nous espérons être nous-mêmes meilleur un jour. D’ailleurs, cela nous paraît tout de suite plus facilement réalisable. Et puis, si nous admettons que nous sommes tous partie intégrante de ce monde, alors il ne peut donc entièrement changer sans nous. Cela deviendrait donc nécessaire ou presque. C’est peut-être en fait toute la complexité de cette réalité. C’est un tout dans un désordre absolu. Et la seule chose que l’on peut réellement maîtriser c’est nous-même. C’est en tout cas ce que l’on constate souvent. Et c’est sûrement mieux ainsi.
En y réfléchissant plus longuement, il ne s’agirait donc pas de changer seuls ce monde. Nous n’avons de toute façon pas ce pouvoir. Ni même de changer qui que ce soit ou quel qu’il soit. Il s’agirait plutôt et avant tout de commencer par changer soi-même tout en refusant le repli sur soi car il n’est pas question ici de changer seulement pour soi. Tout ceci évidemment pour ceux qui le souhaitent, ce n’est pas une obligation car si jamais cela en devenait une, tout n’aurait plus dans ce cas de sens.
On ne peut véritablement changer que si on le désire vraiment, c’est aussi une des difficultés.
Et puis, étant donné que ce monde nous représente tous, il est logique de penser que quand nous changeons c’est aussi ce monde qui évolue un petit peu. Forcément, le monde n’est ensuite plus tout à fait le même, il y a forcément une incidence au moins dans notre entourage et, peut-être même aussi, ainsi de suite…
Certes, il ne s’agit que d’une théorie, dans la pratique nous rencontrons d’autres difficultés, on le sait bien. Il ne s’agit d’ailleurs que d’une réflexion. Oui, la tâche peut paraître presque insurmontable. Mais c’est peut-être aussi ce qui fait tout son charme.

Nous ne verrons peut-être jamais ce monde tel que nous l’aimerions. Il est probable aussi qu’il ne sera jamais aussi parfait que nous le désirons. Et puis, surtout, comment pourrait-il l’être pour tout le monde ? C’est effectivement plus complexe.
Il est surtout riche de toutes nos différences. Elles sont sa richesse et son essence. Elles sont la raison de son existence. Un monde sans dissemblance est un monde immobile qui a perdu tout son sens !
Peut-être qu’il n’est pas si imparfait finalement, du moins pas autant que nous le pensons parfois. Mais il existe nécessairement des solutions pour qu’il soit plus agréable pour tout le monde.
Selon moi, une certaine harmonie a beaucoup plus de sens, suite à une sereine et progressive prise de conscience. Ce monde peut sûrement évoluer dans la bonne direction, il est de toute façon en mouvement. Ainsi, un jour les générations suivantes pourraient en profiter… Oui, elles pourraient profiter d’une atmosphère plus tolérante et apaisée. Nous pouvons l’espérer. Et je l’espère. Nous pouvons aussi participer, à notre modeste niveau.
Cela reste, malgré tout, un peu utopique, je l’avoue. Mais l’idée me paraît intéressante. Du moins cette réflexion me paraît l’être. Et c’est peut-être surtout une façon d’aborder certaines questions différemment.

– Oui, ceci est sûrement possible. Mais, avons-nous vraiment la volonté et la force nécessaire ?
Et puis, changer pour les autres ?
– Non pas seulement, changer aussi pour soi car peut-être qu’ainsi la vie prend véritablement tout son sens.
Car, peut-être aussi que ce monde est finalement plus subtil que l’on pense…

Auteur: Gabriel Epixem - Fin du texte

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